Hernia

Notre corps comprend au total 24 vertèbres, avec entre chaque paire de vertèbres un disque intervertébral. Ces vertèbres et ces disques constituent notre colonne vertébrale qui va de la tête au bassin. Le disque permet des mouvements entre les vertèbres et amortit également les chocs lorsque nous marchons ou sautons. Le disque est en fait de forme ovale avec au bord extérieur des lamelles concentriques et à l'intérieur un noyau souple. Des lamelles (ou annulus fibrosus) maintiennent le noyau pulpeux (ou nucleus pulposus) à l'intérieur. Le noyau souple est constitué pour une grande portion d'eau absorbée au départ des tissus voisins. La nuit, ce noyau se remplit d'eau qui sort du disque pendant la journée sous l'effet de la pesanteur. C'est pourquoi nous sommes plus grands le matin que le soir.

À mesure que nous vieillissons (dès l'âge de 25 ans !) ce noyau devient toutefois moins souple et se dessèche (nous rétrécissons). De même, l'anneau qui l'entoure devient moins élastique et peut présenter de petites déchirures sous l'effet de lourdes charges. À ce moment, nous ressentons une douleur dorsale aiguë ou lumbago (voir dégénérescence discale).

Finalement, une grande déchirure peut apparaître permettant au noyau de presque sortir du disque. Suite à cette protrusion, le disque appuie sur le nerf voisin, ce qui entraîne non seulement une dorsalgie mais aussi une douleur dans la jambe ou sciatique.

Dans 80 % des cas, cette déchirure guérira dans les six semaines moyennant un traitement raisonnable.

La véritable hernie discale (hernie désigne rupture en latin) apparaît lorsque le disque cède complètement avec protrusion complète du nucleus ou du noyau souple. À ce moment, la douleur au niveau du membre inférieur dominera. Cette hernie justifie parfois une intervention chirurgicale. Le but est d'éliminer le noyau souple afin de libérer le nerf comprimé.

Dès que l'anneau commence à présenter de petites déchirures, le disque est abîmé et votre dos peut rester fragile. Ceci ne signifie pas que vous ne pouvez plus rien faire mais bien que vous devez adapter vos activités et vos loisirs à cette situation. Il en va de même après une opération pour hernie discale.

Possibilités de traitement chirurgical en cas de hernie discale

  • Micro-Endoscopische Discectomie
    Discectomie Micro-Endoscopique ; on tente ici par endoscopie d'éliminer la portion de disque hernié. Cette technique est dans notre service le traitement standard d'une hernie discale. Nous pouvons en effet éliminer de façon mini-invasive (incision de 16 mm) le morceau de disque gênant. L'intervention s'effectue de préférence sous anesthésie générale. Ce qui offre le plus de confort au chirurgien et au patient. Le patient doit en effet rester dans une position inconfortable pendant parfois une heure (voir technique opératoire). À la demande du patient ou pour des raisons médicales, l'intervention peut également s'effectuer sous anesthésie locorégionale. On utilise alors une combinaison d'anesthésies péridurale et rachidienne. L'intervention revient en fin de compte, via un système de tubes de plus en plus larges, à créer un canal de travail au niveau du dos permettant l'introduction d'une caméra et d'une source de lumière froide pour une vue optimale. Le chirurgien regarde sur un moniteur. Par ce canal, toutes les manipulations peuvent s'effectuer. Le fragment hernié est retiré, de manière à libérer la racine nerveuse (voir film opératoire). On recherche ensuite s'il ne subsiste pas d'autre fragment du noyau pulpeux. Si c'est le cas, ces fragments sont retirés pour éviter une récidive rapide de la hernie. Le canal de travail est ensuite supprimé et la peau refermée au moyen d'une colle spécifique.

    Après 24 heures, le patient peut quitter l'hôpital. Il peut marcher, monter les escaliers et même assumer son hygiène corporelle. Il est interdit de soulever des objets pendant un mois, car l'anneau doit se refermer.

    Dans certains cas (5 %), une récidive peut survenir et ce généralement les premières semaines. Un autre morceau de noyau hernie alors par le point faible de l'anneau. Si la douleur est invalidante, on proposera de répéter la même intervention. Si une hernie survient à nouveau, votre chirurgien proposera une intervention de remplacement du disque (arthrodèse ou prothèse de disque) pour éviter les hernies dans le futur.
  • Micro-discectomie
    Celle-ci était autrefois la technique de référence et elle est encore utilisée dans la plupart des hôpitaux. Il s'agit finalement de la même intervention que ci-dessus mais avec une incision de 3 à 6 cm et l'aide d'un microscope opératoire. La technique offre au chirurgien l'avantage d'une plus grande liberté de mouvement. Pour le patient, il n'y a aucun avantage. La plaie est plus grande, le traumatisme infligé aux muscles du dos est plus important, la durée d'hospitalisation est augmentée, la revalidation de plus longue durée et l'intervention plus coûteuse (en raison de l'hospitalisation de plus longue durée). Pour certaines raisons médicales que votre chirurgien vous précisera, il peut arriver qu'on vous propose cette technique.
  • Discectomie totale
    Ceci implique que l'on essaie par les deux côtés d'éliminer complètement le disque intervertébral. Nous n'effectuons pas cette intervention car nous considérons que dans ce cas, le disque éliminé doit être remplacé. Nous la réalisons uniquement en cas de deuxième récidive de hernie, après quoi nous effectuons le remplacement complet du disque (arthrodèse ou prothèse de disque).

Comme ces techniques sont un succès dans 90 % des cas (diminution de douleurs d'au moins 50 % et patients satisfaits du résultat), nous ne voyons pour l'instant aucune raison de proposer des interventions plus invasives, plus risquées et plus coûteuses pour le traitement d'une hernie discale. Il n'y a à l'heure actuelle AUCUNE preuve scientifique qu'une autre technique chirurgicale soit préférable.

Lisez ici de plus amples informations dans l'article illustré d'EOS : Le maillon faible.